Atlas des paysages du Morbihan

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La vallée de l’Oust

Fraction du canal de Nantes à Brest, un paysage reconnu du Morbihan intérieur

L’unité de paysage de la vallée de l’Oust fait partie de l’ensemble des Vallées naviguées


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Carte de l’unité de paysage de la vallée de l’Oust

 Images


La vallée de l’Oust est également identifiée en tant que paysage sous le vocable de canal de Nantes à Brest. La navigation et le chemin de halage permettent une pratique touristique appréciée, occasionnant de nombreuses images qui viennent compléter le tableau des sites côtiers. A la fois dans les terres et reliée aux côtes par la navigation, la vallée constitue un remarquable lien du territoire.
Des sites singuliers et des petites villes ponctuent le parcours (Île-aux-Pies, cluse de Saint-Congard, Saint-Vincent-sur-Oust, Bains-sur-Oust, Josselin, Rohan...), la vallée constituant un des paysages les plus attachants du département.

 Limites et voisinages


L’unité de paysage concerne la partie canalisée de la vallée, depuis Saint-Samson en amont, jusqu’à la Vilaine, en aval. En amont de Saint-Samson, l’Oust est une rivière qui s’inscrit, comme d’autres, dans le plateau de Pontivy-Loudéac et traverse la limite entre le Morbihan et les Côtes-d’Armor.

De Saint-Samson à Redon, la vallée de l’Oust traverse deux grands ensembles : le plateau de Pontivy Loudéac dont elle délimite les deux unités de paysage (Plateau de l’Yvel et plateau de l’Evel), et les reliefs des Landes de Lanvaux. Dans cet ensemble, la vallée voisine un grand nombre d’unités de paysage dont elle constitue le plus souvent les limites. La qualité de la relation de la vallée de l’Oust aux paysages qui la voisinent est variable. Elle est déterminée davantage par la présence de la végétation de berge que par le profil de ses versants, peu accentués. La perception est ainsi souvent limitée au fond de vallée, mais c’est une perception réversible qui dépend des modalités d’entretien de la végétation. Hormis certains sites singuliers aux caractéristiques physiques plus marquées dans la traversée des Landes de Lanvaux (cluses...), la vallée est dans son ensemble assez peu sensible dans les ondulations des reliefs morbihannais.

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Le canal de l’Oust à Griffet
La vallée ne se signale pas particulièrement : la structure peu marquée se fond dans le relief ondulé et les berges dégagées se trouvent au contact du plateau, dans la continuité des cultures.

 Composantes

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Coupe dans le plateau de l’Evel
La vallée de l’Oust n’entaille le plateau que modérément.

Entre Saint-Samson et Redon, la vallée s’étire sur 95 km (le canal a une longueur totale de 364 km) et comprend 37 écluses. L’ensemble a été construit durant la première moitié du XIXe siècle. Canal et rivière sont le plus souvent confondus mais se distinguent sur certaines séquences où le canal recoupe les méandres de l’Oust, comme à Malestroit, créant des paysages d’une grande variété.

Plusieurs séquences de paysages
Dans sa traversée du plateau de Pontivy-Loudéac, la vallée apparaît comme un sillon faiblement creusé, mais dont la perception est renforcée par la végétation arborée qui souligne les formes du relief.
Ensuite, l’Oust emprunte un des sillons des reliefs des Landes de Lanvaux. La rivière a du, en outre, pour trouver son chemin jusqu’à la Vilaine, creuser dans les monts de Lanvaux les deux cluses étonnantes de Saint-Congard et de l’Île-aux-Pies.

Une succession de petites villes
Alors que le plateau de Pontivy-Loudéac est peu urbanisé, la vallée rassemble de petites villes le long de son cours ; Rohan, Josselin, la Chapelle-Caro, Malestroit se succèdent et constituent pour une grande partie l’armature urbaine du plateau. La structure et les espaces publics de ces villes se sont organisés et ont tiré parti de la charpente naturelle de la vallée.

Un parcours ponctué d’écluses
Les ouvrages de maçonnerie des écluses ponctuent régulièrement le parcours. La diminution du trafic fluvial de marchandises fait qu’elles sont essentiellement perçues aujourd’hui comme des éléments de patrimoine vernaculaire et touristique. Elles aident encore, au quotidien, les bateaux de plaisance à franchir le dénivelé d’environ 65 mètres qui sépare Saint-Samson de Redon.

Hameaux et infrastructures à l’écart du cours d’eau
La perception de la vallée est directement influencée par les modalités de parcours : alors que le chemin de halage permet de longer l’Oust sur l’ensemble de son cours et de le percevoir de "l’intérieur", les routes ne s’approchent que rarement de la rivière, hormis pour la franchir.

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Bocneuf-la-Rivière, près de Lanouée
La relation de l’Oust avec les infrastructures routières se limite aux rares franchissements du cours d’eau.

La plupart des hameaux qui voisinent l’Oust sont situés légèrement en rebord de versant et sont fréquemment tenus à l’écart de la rivière par un ourlet boisé de rive qui empêche toute relation avec elle.

Quatre séquences de paysages le long de la rivière
- de Rohan à Saint-Congard, le canal dans le plateau de Pontivy-Loudéac
Dans les perceptions lointaines, la vallée de l’Oust est discrète, les versants sont souples, très peu marqués et quasi invisibles dans le relief général ondulant du plateau. La présence des boisements sur certaines séquences signale cependant le canal au creux du relief.

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Au-dessus de la vallée de l’Oust à proximité de Pleugriffet
Le relief en creux et la condensation des boisements indiquent clairement la présence de l’Oust. Les hameaux et les prairies d’élevage situés au bord sont tenus à l’écart : le cours d’eau reste invisible et semble difficilement accessible.

De "l’intérieur", dans l’espace du canal, les perceptions sont plus agréables : les berges sont aménagées, les chemins offrent des possibilités de promenades d’une grande qualité, accompagnées de beaux alignements d’arbres. Par endroits, les boisements ont tendance à refermer le paysage sur lui-même, mais offrent cependant, par leur volume, des épaulements qui cadrent de magnifiques perspectives.

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Pleugriffet, à proximité de l’écluse de Cadoret
Vue de l’intérieur, la vallée offre un paysage aux ambiances très agréables et qui pourraient s’enrichir en pratiquant des ouvertures visuelles vers les plaines.

- La cluse de Saint-Congard
L’Oust franchit les reliefs des Landes de Lanvaux à Saint-Congard dans un effet de baïonnette, à la confluence avec la Claie. Les boisements de conifères marquent fortement les hauteurs des versants et renforcent l’intensité du lieu. La ville de Saint-Congard est située dans un site singulier qui mérite cependant d’être mis encore en valeur, notamment en dégageant davantage de points de vue.

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Bellée, un point de vue sur la cluse de Saint Congard depuis les reliefs des monts de Lanvaux.
La singularité du lieu pourrait être mise davantage en valeur par des implantations bâties qui ne s’interposent pas dans la perspective et une gestion soignée de la végétation le long de la route faisant office de belvédère.

- La traversée des reliefs des Landes de Lanvaux
De Saint-Congard à Saint-Vincent-sur-Oust, le canal est inscrit dans un des sillons des reliefs des Landes de Lanvaux au fond très plat sur cette séquence, et dont les versants boisés et sombres lui confèrent une "structure" plus affirmée. Alors que cette séquence se déroule dans un environnement cultivé, le canal reste cependant difficilement accessible et perceptible, dissimulé derrière son écran de boisements.

- L’Ile-au-Pies
Deuxième cluse dans le parcours de l’Oust, en limite départementale avec l’Ille-et-Vilaine, il s’agit d’un site remarquable par ses falaises rocheuses qui culminent à 50 m au dessus du cours d’eau. L’attractivité du lieu est renforcée par des réseaux de randonnées pédestres qui offrent de bonnes conditions de visite autour de l’Ile-aux-Pies et par les pratiques sportives sur la rivière (canoë).

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Saint-Vincent-sur-Oust
A cet endroit, le gabarit de la rivière fait penser à un plan d’eau dans lequel se reflètent les falaises qui la dominent.

 Perception, valeurs et sensibilités

Une vallée navigable dans un environnement agricole productiviste
La vallée apparaît de plus en plus comme un site touristique réputé pour la qualité de ses promenades. Mais l’Oust traverse aussi des territoires agricoles de type « Bretagne intérieure » dont l’économie est fondée sur la production agro-alimentaire, peu propice au tourisme. La vallée en devient, par contraste, d’autant plus attractive.

 Enjeux et pistes d’action

Le canal est clairement identifié en tant que paysage accueillant des pratiques touristiques et de loisirs, complétant à l’intérieur des terres l’économie touristique de la côte. Cette fonction implique une attention particulière aux qualités paysagères et à leur gestion.

Les dynamiques d’évolution sensibles concernent en priorité les espaces de transitions, en limite d’unité paysagère, au contact avec les cultures du plateau. On note ainsi une nette tendance à la densification des boisements de berge.
Aux abords des agglomérations, le développement urbain nécessite une attention particulière vis-à-vis de la vallée. Cette dernière doit échapper aux effets de banalisation de l’étalement urbain et s’inscrire dans les projets de développement comme espace public majeur.

Maintenir le charme de la vallée
Une grande part de la qualité paysagère repose sur les écluses, les chemins de halage, les arbres d’alignement… Tout ce patrimoine du canal mérite une attention précise, un entretien soigné.

Contrer le phénomène d’enfouissement de la vallée
Les enjeux concernent donc principalement le maintien d’une possibilité d’accès et de découverte de la vallée et d’une gestion appropriée organisée par les groupes qui en ont l’usage. Pour cela, il est nécessaire d’organiser les actions de gestion intercommunales, de sorte à unifier la démarche et homogénéiser les actions sur l’ensemble de la vallée (accords entre collectivités locales, agriculteurs, association de randonneurs, associations de pêche et de chasse...)

Favoriser les ouvertures sur les versants
La relation de la vallée avec les paysages alentours est à valoriser en mettant davantage en contact, par des ouvertures, les espaces cultivés et les ambiances naturelles du cours d’eau.
Des relations visuelles entre les paysages sont à imaginer par des jeux de transparences avec les unités voisines et en conservant, par exemple, uniquement les strates arborées des rives.

Constituer des parcours paysagers en réseau
Des réseaux de parcours sont à associer au chemin de halage, en utilisant notament la structure bocagère et les chemins agricoles existants et en y incluant les coeurs des localités.

Maîtriser l’urbanisation en rapport avec la vallée
Chaque petite ville occupe un site spécifique avec lequel la vallée entretient des relations d’espace faisant paysage. Dans chaque cas, il est nécessaire de penser le développement urbain en intelligence avec le site de vallée, avec les objectifs suivants :
- inscrire la rivière, le canal, comme espace public majeur, y compris au contact des sites d’activité ;
- valoriser tout le patrimoine lié à la rivière et au canal : écluses, ponts, petits ports, îles, moulins…
- éviter l’étalement urbain sur les versants ;
- ne pas banaliser l’environnement de la rivière par des formes urbaines et architecturales standardisées ;
- marquer nettement les limites des séquences urbaines et naturelles dans le déroulement de la vallée.


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