Atlas des paysages du Morbihan

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La vallée de la Laïta

Une vallée littorale entaillée marquant la transition avec les paysages du Finistère voisin

La Vallée de la Laïta fait partie de l’ensemble des paysages de l’Armor morbihannais


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Carte de l’unité de paysage de la vallée de la Laïta

 Images


La Laïta figure parmi les sites côtiers emblématiques du département. Ses représentations sont cependant moins nombreuses que celles d’autres sites peut-être plus prestigieux de la côte morbihannaise.

 Limites et voisinages


Vallée littorale, la Laïta dessine la limite avec le département du Finistère et appartient, par son ambiance, autant à l’Armor morbihannais qu’à l’Armor cornouaillais qui se développe à l’ouest.
Du côté morbihannais, la vallée, en aval, voisine avec la côte et la rade de Lorient et, en amont, s’inscrit dans la campagne de Guidel. La Laïta est un fleuve court (17 km) qui naît à Quimperlé de la confluence de l’Isole et de l’Ellé. Son enfouissement dans une végétation boisée dense l’empêche d’entretenir des relations fortes avec les unités voisines. Les ouvertures visuelles permettant d’appréhender d’un seul regard la vallée et la plaine sont très rares.

 Composantes

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Coupe sur la vallée de la Laïta
La rivière est encaissée entre deux versants abrupts et boisés. Elle tranche nettement dans le plateau où prend position le bourg de Guidel.

Relief et hydrographie
Comme ailleurs dans le département, la vallée « respire » au rythme des marées qui modulent en permanence le paysage et ont permis l’installation de moulins à marée.
La vallée est très sinueuse, large de 500 m environ entre des coteaux aux versants assez marqués (la rivière est encaissée d’environ 50 m dans la campagne de Guidel). A l’embouchure, la vallée s’évase un peu, dégageant des estrans entre Guidel et le Pouldu. Dans cette portion, la plus fréquentée, les ambiances sont profondément liées à la mer, caractérisées par des motifs (estrans vaseux, roches, et végétation estuarienne) se découvrant au fil de l’eau et s’enfonçant profondément à l’intérieur des terres.
Plus en amont, l’environnement boisé est très dense, la vallée est plus enfouie, moins lisible et accessible. De petits affluents griffent les plaines alentour et sont le plus souvent des lieux d’implantation bâtie.

Végétation et agriculture
Les versants de la vallée sont recouverts d’une végétation dense sur l’ensemble de son parcours. Occupée en aval par des boisements de conifères, elle est, en amont, davantage inscrite dans un environnement de feuillus (forêt domaniale de Carnoët).

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Estuaire de la Laïta
La vallée sinueuse organise, comme dans un tableau, une succession de plans visuels animés, entre les coteaux fortement boisés, par les motifs de la mer : estrans sableux et rochers, bancs de sable, herbues...
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Perspective depuis la rive
Les rares ouvertures cultivées se trouvant en contact avec le plan d’eau sont d’une grande valeur pour les paysages, apportant des touches de lumière et la lecture d’une continuité des territoires.

Le bâti et les infrastructures
La vallée n’est pas habitée, hormis à son embouchure où Guidel-Plages fait face au Pouldu (Finistère).
Ailleurs, les implantations urbaines sont plus distantes et les relations à la rivière moins lisibles. Quelques bâtiments qui s’apparentent à des maisons de vacances, aux façades orientées au sud, sont visibles sur le versant côté Finistère depuis les berges du Pouldu. En revanche, exceptée la station de Guidel-Plages, il n’y a presque aucun bâtiment sur le versant morbihannais. Hormis les équipements du port, la station balnéaire ne s’oriente d’ailleurs qu’assez peu vers la rivière.

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Le Pouldu (Finistère)
A l’embouchure de la Laïta, vue sur le Pouldu et le port depuis Guidel-Plages.
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Ouvertures depuis la rive
Certains bâtiments (sur la berge finistérienne) ont su profiter de leur position à flanc de coteau, au soleil, valorisée par des perspectives très subtiles depuis la berge.

Au pont Saint-Maurice où la RD 224-RD 622 reliant Clohars-Carnoët à Guidel franchit la rivière, il est à signaler un point de vue intéressant sur l’intérieur de la vallée.

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Vue depuis le pont de la route départementale entre Clohars-Carnoët et Guidel
La perspective est malheureusement très vite bouchée par l’épaisseur boisée des versants.

Répartition du bâti
Les hameaux, implantés le plus souvent sur le rebord du plateau sont tenus à l’écart par les effets d’ourlets boisés et ne peuvent profiter d’une relation visuelle avec la rivière.
Les moulins n’ayant plus d’utilité particulière que leur valeur de patrimoine, sont fortement menacés par ces dynamiques d’enfouissement.

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Ancien moulin à marée de Beg-Nénez
Un motif de"ria".
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La Laïta à Guidel-Plages
L’embouchure de la vallée concentre les usages et notamment les activités nautiques.

 Perception, valeurs et sensibilités


La Laïta qui évoque déjà les ambiances finistériennes, propose une remarquable articulation entre les deux départements : ici pas de « petite mer » s’étalant dans un terrain plat mais une entaille franche dans les terres. La vallée s’inscrit encore dans un cadre très naturel, surtout dans sa partie amont qu’il convient de maintenir. Les réseaux de parcours sont assez nombreux pour en jouir convenablement, malgré quelques séquences qui mériteraient d’être complétées.

 Enjeux et pistes d’action


Préserver une vallée « naturelle »
Le paysage d’eau et de versants boisés de la Laïta vient agréablement compléter les horizons de l’océan, dans une ambiance naturelle qui semble en retrait des développements urbains polarisés sur Lorient. Cette qualité est à préserver, notamment par les développements de Guidel, mais grâce aussi à une approche interdépartementale coordonnée de la planification.

Compléter l’offre de parcours
Le GR 34 propose des itinéraires de promenades de part et d’autre de la rivière, cependant certaines portions sont manquantes ou tenues trop à l’écart des rives. Il s’agirait de compléter l’offre de promenades, en associant le réseau existant à un réseau plus vaste dans les plaines, permettant de relier les principaux bourgs et l’agglomération de Lorient située à moins de 10 km.

Maîtriser, voire réduire la part des boisements et des friches
La vallée mériterait d’être mieux inscrite dans le paysage plus vaste des plaines qui l’environnent. Elle gagnerait ainsi en lisibilité et en lumière car, actuellement, les boisements l’étouffent et dominent trop largement les ambiances. Des ouvertures pourraient donc être envisagées là où les versants ne sont pas trop abrupts pour empêcher une activité agricole qui en assurerait le maintien.

Maîtriser les usages
Le port du Pouldu et ses nombreux mouillages marquent fortement les ambiances ressenties à l’embouchure de la vallée et écrasent quelque peu celles, assez subtiles, de l’estran et, de manière plus générale, les petites dimensions de la vallée. La capacité d’accueil de ces usages liés à la plaisance semble arriver à un seuil au delà duquel le paysage pourrait perdre significativement ses qualités.


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