Atlas des paysages du Morbihan

Accueil > PRÉSENTATION DE L’ATLAS > Objectifs et méthode

Objectifs et méthode

Introduction à l’atlas des paysages du Morbihan


JPEG - 708.5 ko
Cléguérec
L’allée couverte semble indiquer combien le lieu est précieux pour les hommes. Il marque aujourd’hui le rebord d’un relief qui offre un panorama étendu, un paysage vaste que l’œil peut parcourir, et où se manifestent les éléments qui composent le territoire rural : cultures maillées de bocage, hauteurs boisées, mais aussi élevages et silos. Le tout est « structuré » dans une organisation à la fois visible (grace au point de vue) et lisible (grace à une cohérence entre les éléments), qui fait du lieu un des paysages très intéressants du département, même s’il est peu connu.

 Quel paysage ?


Le paysage est un « mot-valise » qui peut refléter de nombreuses définitions.
La réalisation des atlas de paysage est principalement guidée par la définition énoncée par la convention européenne du paysage à Florence, en 2000 : "Un paysage est une partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations".
Pour les auteurs de l’Atlas, paysagistes, urbanistes et géographes, il est abordé selon deux approches principales découlant de cette définition :
Le paysage est « ce qui nous apparaît » du territoire et de ses composantes, c’est-à-dire, principalement, selon les modalités de perception, les qualités d’ambiance, les images. Ceci fait intervenir en priorité les aspects culturels et « sensibles » de l’analyse, captés et traduits par les auteurs. Pour cette raison, les descriptions des unités de paysages sont intitulées « portraits ».
Le paysage, ce sont les « relations » entre toutes les composantes du territoire et leur perception, le tout en mutation permanente, sur quoi reposent des sensations de cohérence, d’harmonie, de lisibilité. Cet aspect guide l’analyse des organisations entre les composantes (les structures paysagères), sur laquelle peuvent se fonder des orientations de projet. Ceci fait intervenir les capacités à identifier les potentialités des lieux et à imaginer de nouvelles organisations, propres aux paysagistes-concepteurs.
Ces définitions ne sont cependant pas exclusives d’autres approches très utiles, par exemple celles de l’écologie du paysage, de l’histoire de l’Art, qui ne sont pas le sujet principal de cet atlas et font l’objet de nombreuses publications scientifiques.

 Objectifs

Représenter
L’Atlas dresse un portrait à la fois sensible, factuel et prospectif des paysages du Morbihan. Les cartes, les schémas, les photos et les textes qui en font le corps donnent une représentation des caractères et des problématiques paysagères du département, considérés à un moment donné sur la période 2008-2010, identifient les enjeux paysagers devant les mutations en cours, et énoncent des propositions d’action. Cet ensemble vient ainsi s’ajouter aux représentations existantes (livres, tableaux, photos, reportages, romans, films, guides touristiques, sites internet…) qui, en positif ou en négatif, contribuent à forger l’image du Morbihan et à l’affirmation d’une culture paysagère. En témoignant à la fois de la réalité des paysages et de ce qu’ils évoquent, c’est un miroir que l’Atlas des paysages tend aux habitants et aux acteurs du département.

Connaître et comprendre
L’Atlas est d’abord un outil de connaissance et de compréhension. Les composantes des paysages, leur organisation, la manière dont ils se sont constitués, les conditions culturelles et physiques de leur perception, les dynamiques auxquelles ils ont été ou sont soumis sont exposées et analysées à l’échelle départementale. Puis, une division en unités et en ensembles de paysages permet une compréhension du contexte paysager des territoires. Les unités de paysage identifiées sont systématiquement décrites et analysées dans leurs structures et leurs perceptions. Ensemble, ces « portraits » livrent les principales clés de découverte et de compréhension des paysages du département.

JPEG - 69 ko
Coupe sur la vallée de la Vilaine à Béganne
Les coupes permettent de bien comprendre les organisations qui interviennent dans la cohérence des paysages, notamment les effets d’horizon et les enchaînements de motifs, comme ici le fond cultivé et les coteaux boisés.

Eclairer l’action
L’analyse permet aussi d’énoncer les principaux enjeux pour que soient pris en compte au mieux les valeurs et la qualité des paysages dans les projets d’aménagement. Dans la majorité des portraits des unités de paysage, ce travail d’identification est suivi, quand cela a été possible, de suggestions et pistes d’actions pour la mise en valeur ou la requalification des paysages. Les principales thématiques d’enjeux (le tourisme, l’agriculture et le bocage, l’urbanisme et le projet de territoire, les éoliennes) qui concernent l’échelle départementale, voire pour beaucoup le niveau régional, sont reprises enfin sous la forme de présentations thématiques illustrées. Des éléments de méthode sont proposés pour prendre en compte le paysage dans les processus de projet de territoire.

JPEG - 473 ko
Les continuités paysagères
Schéma illustrant le principe essentiel des continuités paysagères, particulièrement utile dans le cas de l’urbanisation des côtes morbihannaises.

 Un document pour tous les publics


Le champ du paysage intéresse tous ceux qui veulent comprendre le territoire dans lequel ils vivent, travaillent, prennent leurs vacances (citoyens, enseignants, élèves, habitants, touristes…), qui trouveront dans ce document libre d’accès des clés de compréhension.
L’atlas des paysages du Morbihan a été conçu tout particulièrement pour les acteurs des « projets de territoire », élus, techniciens des collectivités locales et des services de l’Etat, bureaux d’étude chargés de projet, associations… Ils y trouveront des bases de connaissance, des représentations graphiques, des analyses, des propositions utiles à la prise en compte des paysages pour l’élaboration des plans, programmes et projets du territoire.
L’Atlas des paysages ne se substitue cependant pas au travail indispensable de concertation nécessaire à l’élaboration d’un projet de territoire, il vise à l’éclairer et le nourrir, mais comme l’indique le titre de l’étude sociologique associée, le paysage est un sujet d’appréciation, qui « se discute ».

JPEG - 512.8 ko
Identification d’un réseau paysager structurant pour Auray
Pour chaque agglomération, l’atlas propose une vision de la structure paysagère et de son rôle possible dans le projet territorial. Elles nécessitent ensuite d’être réinterprêtées lors des travaux de projet territorial concerté.

 Equipe et méthode


La réalisation de l’Atlas a été menée par une équipe, pilotée par Michel Collin, paysagiste-urbaniste, associé à un géographe et une documentaliste-rédactrice, et assisté par deux architectes-urbanistes. Les membres de l’équipe ont croisé leurs approches plutôt que de les juxtaposer, de sorte à produire de véritables analyses et non une simple somme de données.

Le travail s’est déroulé en plusieurs étapes :
- Une étude documentaire rassemblant les données des composantes physiques, de l’histoire des territoires et de leurs représentations culturelles
- De nombreuses visites de terrain constituant une « reconnaissance sensible » des territoires à l’échelle du département
- Une analyse approfondie et croisée de la façon dont les composantes du territoire s’organisent en structures et composent des ambiances
- L’étude et l’analyse des dynamiques territoriales et de leurs effets sur l’évolution des paysages, l’identification des enjeux de paysages induits par ces évolutions, éclairée par des entretiens auprès de personnes ressources
- Un travail de projet territorial au moment de préciser les enjeux locaux et les pistes d’actions.

Tout au long de ce processus, l’équipe a croisé ses approches et ses analyses avec un comité de pilotage animé par le CAUE du Morbihan, composé de représentants élus, des services de l’Etat (DDTM et DREAL) accompagnés de leurs paysagistes-conseils, du Conseil général, du Conseil régional, du service des archives départementales, de l’ODEM, de l’Université Rennes II. Les éléments contenus dans l’atlas ont été débattus et tiennent compte le plus possible des éclairages de chacun, selon sa fonction, sa pratique professionnelle et sa perception personnelle.

Parallèlement, une équipe de sociologues a conduit une étude fondée sur des entretiens auprès de personnes impliquées dans la gestion des territoires, et les « regards » entre les équipes ont été croisés à plusieurs reprises. Les principaux enseignements de cette étude sont intégrés à l’Atlas.

 Ce que contient l’Atlas des paysages

Une expression privilégiant cartes et représentations graphiques
L’Atlas contient d’abord des cartes. A l’échelle du département ou à celle des unités de paysage, elles offrent une représentation du territoire et de ses paysages.

JPEG - 1.7 Mo
Extrait de la carte de représentation des paysages
La carte privilégie la représentation des composantes naturelles (reliefs, eaux, boisements) et urbaines (logements, activités). Ici, la représentation elle-même permet de visualiser la différence entre le plateau de grandes cultures, à l’est, la vallée urbanisée à Pontivy, au centre, et le plateau creusé de vallées boisées à l’ouest.

A l’échelle du département
Des cartes thématiques et de synthèse (socle physique, végétation, occupation du sol, cartes historiques…) illustrent la présentation des composantes des paysages du département. Cette cartographie conjuguée à l’analyse sensible (les perceptions) du territoire départemental a été à la source de la réalisation de la « carte des paysages » à l’échelle du 1/75000, traduisant au mieux les principales composantes paysagères.
Elle sert également de support au découpage du département en unités de paysages.

A l’échelle des unités de paysage

-  Le découpage en unités de paysages
La méthode des atlas de paysages requiert de découper le territoire en unités de paysages. L’unité de paysage doit correspondre « à un ensemble de composants spatiaux, de perceptions sociales et de dynamiques paysagères qui, par leurs caractères, procurent une singularité à la partie de territoire concernée. Elle se distingue des unités voisines par une différence de présence, d’organisation ou de forme de ces caractères ».
Ce découpage est le résultat de l’analyse conjuguée et croisée des composantes « factuelles » et « perçues » du territoire départemental.

JPEG - 411 ko
La carte de partition des unités de paysage
concerté avec le découpage "régional" proposé par Laurence Le Du-Blayo, le découpage départemental combine les échelles des ensembles et des unités de paysage.

Chaque unité de paysage est représentée par l’extrait correspondant de la carte des paysages au 1/75 000 où sont indiquées les limites avec les autres unités. Des coupes et des blocs diagramme complètent cette représentation en mettant en valeur, notamment par une exagération des reliefs, des éléments complémentaires d’appréhension des paysages.

-  Le portait des paysages
La présentation des paysages du Morbihan est organisée à l’échelle des unités de paysages et des ensembles de paysages.
Chacune des unités et des ensembles fait l’objet d’un « portrait » composé de deux parties. Dans un premier temps, une description illustrée d’une carte locale présente les principales composantes et une analyse de leur organisation et de leur perception appuyée sur des photos et des schémas.
Les dynamiques territoriales et les enjeux auxquels sont confrontés les paysages sont ensuite analysés, complétés par des pistes d’actions.

JPEG - 540 ko
Pistes d’action aux rebords de Brocéliande
Lorsque la structure des paysages le justifie, des blocs diagramme viennent exposer les orientations possibles.

| Plan du site |