Atlas des paysages du Morbihan

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L’ensemble de paysages du plateau de Pontivy-Loudéac

Un plateau ondulé voué aux grandes cultures

Cet ensemble comprend les unités de paysage des plateaux de l’Yvel et de l’Evel.


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Carte de l’ensemble de paysages "Plateau de Pontivy-Loudéac"
Deux unités d’un même plateau, séparées par le passage de l’Oust, et aux composantes similaires.

 Images

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La Croix Helléan, 5 km à l’est de Josselin
Le premier plan est constitué du dégagement des grandes cultures, devant les vallonnements animés par davantage de diversité (lignes de bocage, pâturages...). La dispersion se manifeste sous forme de maisons neuves et de bâtiments d’élevage.

Si l’on exclut le canal de Nantes à Brest, la forêt de Quénécan ou la vallée du Blavet qui bénéficient d’une notoriété touristique mais sont traités dans d’autres unités, le plateau de Loudéac peut évoquer une campagne « intérieure » en centre Bretagne, éloignée des côtes mais proche d’une sorte d’authenticité rurale...
La manifestation « l’Art dans les chapelles » qui s’y déroule tous les ans fait retentir la beauté du patrimoine spirituel, sa répartition dans le territoire et sa vitalité artistique.

 Limites et voisinages


Les contours et le nom du plateau de Pontivy-Loudéac s’inscrivent dans le cadre d’un découpage régional de grands ensembles paysagers (2010, Laurence Le Du Blayot). Celui-ci occupe le centre Bretagne et se prolonge au delà des limites administratives du Morbihan, au nord dans les Côtes-d’Armor - où se situe Loudéac - et à l’est en llle-et-Vilaine. A l’est, Brocéliande, massif forestier ancré sur sa butte, constitue un bornage clair avec le bassin de Rennes. Comme en écho, les reliefs boisés de Quénécan lui répondent au nord-ouest. Le massif de la forêt de Lanouée fonctionne aussi comme un bornage au nord et est inclus dans l’unité.

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L’entrée de la forêt de Lanouée, par la D117
L’entrée est peu mise en valeur. Elle est un bornage indiquant la limite nord de l’unité de paysage du plateau et le passage vers le département des Côtes-d’Armor.

A l’ouest, la vallée du Blavet marque la limite avec la Cornouaille intérieure, aux reliefs plus marqués.
Au sud, les reliefs des Landes de Lanvaux forment une limite progressive du plateau, et en constituent un horizon qui le sépare nettement des côtes.

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Plumelin, aux limites sud du plateau de Loudéac. Vue sur les plis de Lanvaux
La limite est franche avec le grand ensemble des plis dont le relief est souligné par de grands boisements de conifères. Au premier plan, les installations de la carrière.

Les deux unités des plateaux de l’Evel (partie Ouest) et de l’Yvel (partie est) du plateau de Pontivy - Loudéac sont traversées par la vallée de l’Oust et le canal de jonction de l’Oust au Blavet, et sont traitées séparément en raison de leurs caractéristiques paysagères spécifiques.

De part et d’autre de l’Oust, on retrouve les composantes comparables, suscitant des ambiances similaires. Les deux plateaux correspondent à deux bassins versants distincts, celui du Blavet à l’ouest (plateau de l’Evel) et celui de l’Oust à l’est où les motifs de l’eau sont plus sensibles (plateau de l’Yvel). Outre les composantes paysagères, ces deux unités sont également marquées par l’influence de deux villes : Pontivy à l’ouest, Ploërmel à l’est.

 Composantes


Relief et hydrographie

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Carte du relief et de l’hydrographie sur le plateau de Loudéac

L’ensemble présente un relief peu marqué, mais animé par les réseaux de petites vallées qui l’innervent en surface : l’Yvel, l’Evel, leurs affluents et ceux de l’Oust. Ainsi, le sol n’est jamais complètement plat et donne cette ambiance générale de plateau ondulé. Les vallées sont essentielles dans la lecture du paysage du plateau à la surface duquel elles semblent condenser les composantes, notamment la végétation, et l’attention de l’observateur. Leurs directions très diverses, rarement directement vers la mer, contribuent au sentiment de désorientation souvent ressenti lorsqu’on s’éloigne des côtes.

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Paysage typique du plateau
Il associe de grandes étendues cultivées et dégagées à des plis plus densément occupés par la végétation.

Cette sensation continuelle de plateau jamais complètement plat alimente l’image d’un paysage infini, sans cesse renouvelé.
Les vallées accueillent en outre un grand nombre de plans d’eau, certains associés aux localités, comme le vaste lac au Duc à Ploërmel (artificiel) et un réseau hydrographique dense, composé de cours d’eau et de zones humides.

Un paysage de cultures
L’unité est fortement marquée par l’agriculture, les cultures céréalières et fourragères, la présence de bâtiments agricoles. Cette ambiance de plateau ouvert (parfois comparé à la Beauce), est renforcée par le contraste avec les unités voisines plus bocagères. Cependant, le paysage n’est pas celui d’un openfield, notamment en raison de la présence des nombreuses vallées et surtout du mode de répartition dispersée du bâti.

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Hauteurs cultivées du plateau
Les hauteurs cultivées dégagent des vues sur les horizons plus boisés de la vallée de l’Yvel. Le bocage apparaît lacunaire. Le champ au premier plan est une ancienne carrière réhabilitée.

Boisements, bocage, ripisylves
Ajoutées au sentiment général de plateaux ondulés, aux directions incertaines, les composantes de la végétation arborée et leur répartition participent à la désorientation générale ressentie en centre Bretagne.
Comparé au reste du département, le plateau de Pontivy-Loudéac montre peu de bocage (talus) à l’état résiduel dans cette partie du territoire, et la végétation s’exprime le plus souvent sous forme de boisements ou bosquets, répartis sans ordre structurant.
Les cours d’eau et leurs reliefs condensent une plus forte présence arborée, qu’il s’agisse des bois en appui sur les coteaux ou de la végétation des berges, fonds de vallée et zones humides. La forêt de Lanouée présente ses discrètes lisières sur le plateau, mais le massif ne se laisse pas facilement appréhender. Ainsi, malgré une surface conséquente, la forêt ne joue qu’un rôle modeste dans le paysage, contrairement à Brocéliande et Quénécan, dont la présence est renforcée par les reliefs. On note toutefois une présence plus marquée des petits boisements dans l’unité du plateau de l’Yvel, dont l’ambiance tendrait ainsi à se fondre encore davantage avec celle des reliefs de Lanvaux au sud.
Les conifères sont parsemés sur l’ensemble de l’unité, parfois sous forme de petites unités de plantation, soit, plus visiblement, associés aux bâtiments d’activité. En effet, d’épaisses haies de conifères datant des années 1960- 80 accompagnent frequemment les établissements agricoles ou industriels, voire l’habitat, et imprègnent fortement l’ambiance végétale le long des routes.

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Au bord de la forêt de Lanouée, sur la RD 77
Les conifères le long des routes occultent toute l’année les paysages du plateau.

Le bâti et les infrastructures
Ploërmel, seule ville inscrite dans l’unité de paysage, est associée à la vallée de l’Yvel, mais en prenant position sur une légère hauteur. Les autres principales villes (Pontivy, Josselin, Rohan) ne s’inscrivent pas dans le territoire des plateaux, mais dans les vallées de l’Oust ou du Blavet, traitées dans des unités de paysage spécifiques. Leurs extensions récentes ont toutefois souvent franchi les limites de vallée et s’étendent aujourd’hui pour beaucoup sur les plateaux.

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Le lac au Duc à Ploërmel
Le plan d’eau amplifie la présence de la vallée de l’Yvel et offre un espace de loisirs aux habitants de Ploërmel. Il est cependant situé à l’écart de la ville et ne présente pas de visage réellement urbain.

En dehors de ces villes, les petites vallées sont globalement peu habitées. D’une manière générale, les localités se sont implantées de préférence sur les plateaux, au centre d’étoiles de routes comme Naizin, Guilliers, et la plupart des bourgs. Il y a bien sûr des exceptions, comme Helléan ou Mohon, situés en vallées.

Les réseaux d’infrastructure s’organisent suivant les lignes de crête et offrent ainsi des vues principalement depuis les parties hautes. Les portions de route restent rares en vallée.
Le long des grands axes routiers qui traversent le plateau (RN 24, RD 764, RD 766…) on note une plus grande concentration de zones d’activités et d’implantations industrielles qui marquent fortement le paysage. Elles sont particulièrement ressenties depuis les routes, lorsque leurs bâtiments prennent position dans des situations voyantes, en crête, au creux des virages et qu’ils se révèlent fortement par leurs couleurs claires se détachant sur un fond de conifères…

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Perception depuis RN 24, peu avant Ploërmel
Le plateau, lorsqu’il est perceptible dans son ensemble, se ressent comme une vaste ondulation. L’horizon est marqué par les reliefs de Lanvaux. Au bord de la route nationale, au creux du virage, à l’endroit où convergent les regards, un bâtiment d’activité blanc se positionne en crête. La végétation dense et opaque des bas-côtés ne permet pas toujours de percevoir le plateau environnant.

La dispersion des éléments bâtis n’est pas particulière à cette unité de paysage. Les bourgs, hameaux, écarts, fermes, sont dispersés sur le territoire et occupent des positions aux sommets des légers reliefs.
Les petites églises, guère plus grandes que les maisons, se trouvent elles aussi, de-ci de-là, souvent isolées, et marquent le paysage d’une présence spirituelle très répartie.
Il en est de même des éléments bâtis plus récents : bâtiments d’élevage, silos, établissements agro-alimentaires, ainsi que de l’habitat récent. Autour de certains bourgs, autour des villes, ces logements (qui prennent presque exclusivement la forme du pavillon individuel isolé dans sa parcelle) occupent souvent de vastes secteurs et sont associés à de grands linéaires de routes.

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Vue depuis les hauteurs de Pontivy
On remarque que le plateau reste marqué par des composantes boisées auxquelles s’ajoutent des éléments bâtis dispersés dont la couleur blanche tranche sur la couleur sombre de la végétation.

Les champs d’éoliennes, nettement visibles dans les secteurs de légers reliefs, marquent eux aussi les points hauts. Dans ce paysage constitué de nombreuses composantes dispersées, les éoliennes ne viennent pas perturber le paysage, mais y ajoutent une note animée et le symbole d’une modernité soucieuse de l’environnement. La concentration des centrales éoliennes en centre Bretagne porte le risque d’une saturation du paysage et d’une confusion dans les modes de répartition.

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Champ d’éoliennes en construction vers Hélléan
Dans le pli du relief, les motifs de la végétation se condensent, mêlant éléments de bocage et peupliers le long des cours d’eau.

De nombreuses carrières sont en activité. Leur reconversion donne parfois l’occasion d’énoncer des projets de paysages d’intérêt. Leur activité implique également des mesures d’intégration.

Perceptions, valeurs et sensibilités
La position des éléments focalise l’attention de l’observateur sur des parties hautes, mais il paraît difficile d’approcher les vallées dans lesquelles on trouve peu de chemins. Ainsi, une part importante des paysages semble en partie échapper à la perception de ses visiteurs et de ses habitants et caractérise une situation désormais récurrente au centre de la Bretagne.
La fréquentation touristique se concentre dans les vallées navigables, dans les villes, et touche peu le plateau, à l’exception notable des parcours de « l’art dans les chapelles », en partie ouest.

Le plateau apparaît comme un paysage « rural breton » marqué à la fois par les ambiances d’une authenticité intérieure et agricole, mais aussi par les objets de l’agriculture moderne. C’est un paysage que l’on peut qualifier d’ordinaire, ou de familier, sans organisation marquante.
La relative dispersion des composantes et sa variété donnent à ces paysages la faculté d’accueillir de nombreuses évolutions possibles, sans craindre de perdre leur identité.

 Enjeux et pistes d’action

 Enjeux de paysage

Le plateau cultivé est peu sensible aux phénomènes d’enfrichement identifié dans beaucoup d’autres unités voisines, hormis en ce qui concerne les vallées qui sont la plupart du temps enfouies. Les conditions des évolutions induites par l’implantation de champs d’éoliennes doivent être définies clairement en accord avec les valeurs du paysage.

 Pistes d’actions

Constituer des parcours paysagers en réseau
La mise en place d’une trame verte et bleue destinée à la qualité environnementale offre l’occasion de valoriser des espaces paysagers qui le sont aujourd’hui trop peu, en particulier les espaces de vallées.
Certaines mesures pourront favoriser à la fois les conditions de biodiversité et la perception de ces espaces par les populations, en particulier aux alentours des zones habitées : dégagement visuel offerts par les prairies, gestion de la végétation de berges, instauration de chemins, d’observatoires des zones humides, etc.…
Le réseau des espaces de vallées peut également se combiner à celui de la trame bocagère pour constituer un véritable maillage paysager du territoire.
Aux abords des agglomérations, ce réseau peut devenir un véritable atout pour les populations s’il est articulé aux espaces publics et s’il permet d’accueillir des parcours de promenade ou encore des déplacements quotidiens en liaisons douces (accès aux écoles, aux services, aux zones de sports et de loisirs, aux arrêts de bus…).
Chaque ville ou bourg peut ainsi disposer d’un « canevas paysager » fondé sur la relation à la charpente naturelle (les rivières, le bocage) et articulé aux usages familiers des déplacements. Ceci permet de traiter les « entrées d’agglomération » en valorisant le contexte paysager par un encadrement de la publicité.
Le réseau des liaisons douces est un outil paysager majeur qui permet aux visiteurs d’accéder aux espaces intéressants, de jouir des variétés d’ambiance. C’est une offre importante pour le développement de l’activité touristique, notamment en Bretagne intérieure, où la demande de promenades est importante. La constitution de réseaux attractifs, bouclés, articulés aux bourgs et aux dessertes et offrant une desserte des paysages motivants est une piste d’action particulièrement efficace. Traversé par le canal de Nantes à Brest, le plateau peut développer des ramifications et des connexions de valeur pour les promeneurs, notamment dans le réseau dense des petites vallées. Certaines initiatives, comme la voie verte parallèle à l’Yvel, complètent le réseau existant.

Ouvrir et rendre accessibles les fonds de vallée
Le réseau important de petites vallées qui irrigue le plateau constitue une grande richesse d’ambiances qu’il convient de valoriser.
La présence de l’eau et d’une végétation spécifique au sein d’une structure de relief identifiable facilite la reconnaissance de leurs qualités paysagères dans un environnement de paysages plus "quotidiens" du plateau les voisinant.
Plusieurs pistes de gestion peuvent être envisagées :
- le maintien en particulier et la protection des ouvertures visuelles, essentielles pour la lisibilité des vallées, peuvent être associé à un réseau de promenades le long de la vallée (chemin pédestre et équestre) ;
- la préservation des vergers et pâturages, spécificités agricoles du paysage, peut être favorisée par la gestion raisonnée des ouvertures : reboisements spontanés sur les terrains de fond de vallon et/ou maintien d’élevages ovins et bovins ou la pension d’équidés (des aides financières existent) ;
- la protection de la richesse biologique : conservation des milieux naturels, la restauration des mares, le maintien des prairies humides, l’entretien des friches, la préservation des haies bocagères.
- l’attention particulière aux effets de banalisation du paysage de la vallée : protéger les coteaux d’une urbanisation diffuse (bâtiments agricoles) ou favoriser leur insertion dans leur environnement.

Valoriser et développer la maille bocagère
Le bocage fait partie d’une identité locale reconnue et constitue une sorte de typicité paysagère à favoriser, à la fois pour l’attachement des populations à leur terroir, pour l’attractivité touristique qu’il suscite et enfin pour de très bonnes raisons environnementales.
Au sein d’une réflexion générale sur une trame naturelle et paysagère, le bocage peut trouver une place de choix, qu’il s’agisse du réseau existant à identifier et valoriser, qu’aux compléments à lui apporter éventuellement.
Les analyses environnementales et paysagères sont à croiser de sorte à énoncer un projet synthétique et coordonné, unissant les objectifs.
Dans le domaine du paysage, la notion de réseau s’accompagne des programmes éventuels de parcours quotidiens ou touristiques qui peuvent prendre place parallèlement aux motifs de talus et de haies.
De même, la forme des haies et leurs modalités d’entretien sont à mettre en accord avec les conditions de perception, notamment pour ce qui concerne les éventuels points de vue lointains à valoriser par les premiers plans de bocage.
L’ambiance végétale est également un facteur paysager important. Le grand nombre de variétés envisageables, de même que les modalités de gestion, appellent l’énoncé d’un projet adapté à chaque situation et qui, combiné aux éléments environnementaux du programme, peuvent fortement contribuer à valoriser les situations. Des contrastes d’ambiance, de champs visuels, de gestion, peuvent agréablement souligner les séquences de territoires et animer les promenades, tandis que les choix de variétés peuvent contribuer à amplifier un caractère local spécifique.

Maîtriser la qualité paysagère des grands parcours
Le territoire est perçu depuis les grands axes routiers, qui constituent ainsi des points de vue importants. Une action paysagère efficace peut consister à organiser les composantes sur un parcours : points de vue dégagés à gérer, position et traitement paysager des implantations d’activités, traitement et gestion des dépendances vertes…
La signalétique, la publicité, les enseignes et pré-enseignes peuvent singulièrement déprécier un paysage de campagne authentique. Elles peuvent faire l’objet d’un encadrement.

Les mêmes actions de coordinations sont applicables aux parcours touristiques balisés (GR, Equi-Breiz).

Soigner les abords
La dispersion des éléments bâtis caractérise le territoire, en particulier les églises, objet de fréquentation par les habitants et les touristes. Les abords de chaque église, souvent située en campagne, méritent une attention particulière et un soin de l’aménagement et de la gestion destinés à entretenir la valeur sociale et l’attachement à ces lieux de spiritualité.

Les bords des agglomérations sont des lieux d’une grande importance, première image donnée à l’arrivant. Ils représentent un linéaire de contact avec l’environnement de campagne. Des aménagements spécifiques permettent de composer des articulations qui inscrivent les agglomérations dans leur contexte, comme des chemins de tour de bourg, des lignes arborées ou des vergers, des motifs de continuité entre les espaces publics et la charpente naturelle.

La dispersion des activités et des logements implique elle aussi une attention portée à leurs abords. Le recours fréquent aux haies de conifères un motif difficilement intégré au paysage de campagne bretonne - finit par fortement marquer le paysage et attire au contraire l’attention sur les éléments que l’on veut cacher aux regards. C’est parfois même le cas des équipements sportifs publics. D’autres modalités d’intégration sont à envisager et à préconiser, en particulier celles qui portent sur la qualité architecturale des bâtiments, le soin de l’implantation dans le relief et, selon les points de vue, sur les motifs présents dans l’environnement, comme les haies bocagères.

Soutenir une agriculture diversifiée
Si le modèle agricole doit évoluer, certaines dispositions peuvent permettre d’aller dans le sens d’un paysage affirmant son identité et proposant des ambiances de qualité. En coordination avec des objectifs environnementaux et sociaux, une évolution des modes de production et de gestion des territoires peut avoir des conséquences très positives sur le paysage. Le plateau de Loudéac reste cependant pour le Morbihan un secteur de « grandes cultures » qui contribuent à sa spécificité.
Le bocage breton, structure paysagère spécifique, utile aux écoulements des eaux et à la biodiversité, peut faire l’objet d’une gestion spécifique du patrimoine en place et de compléments de réseaux, notamment en lien avec ceux des rivières et des espaces publics des agglomérations.
Les prairies de fauche et d’élevage, espaces ouverts et toujours verts même en hiver, peuvent reprendre une place plus importante, notamment dans les vallées qu’elles peuvent ouvrir à la vue, tout en complétant la mosaïque des milieux. Elles complètent les bandes enherbées ménagées aux abords des cours d’eau qu’elles soulignent dans le paysage.

Parallèlement aux cultures, les bâtiments agricoles interviennent fortement dans le paysage. Nombreux, dispersés, ils sont de formes et d’usages variés : corps de ferme traditionnels, hangars divers, bâtiments d’élevage, silos. S’y ajoutent les nombreux établissements agro-alimentaires, une des principales activités économiques du secteur.
Plusieurs pistes sont offertes pour aller vers une bonne intégration : le choix de l’implantation en fonction de l’environnement paysager, le traitement des abords des éléments en place et l’architecture elle-même, qu’il s’agisse des volumes ou des matériaux. La couleur offre également des possibilités de bonne intégration, en évitant notamment le blanc et les valeurs claires très voyants sur un fond végétal. Aux bords des routes, des traitements d’articulation sont à envisager pour éviter un contact visuel trop brutal.

Construction : lutter contre le mitage pavillonnaire des campagnes
Sur la base d’un territoire déjà marqué par la dissémination du bâti traditionnel, les développements des dernières décennies ont considérablement marqué le paysage avec les effets de « mitage » et de banalisation déjà énoncés, tant au niveau des paysages de campagne qu’à celui des espaces publics des agglomérations. Le modèle de la maison individuelle, isolée dans sa parcelle, en campagne ou en lotissement, n’est pas dans la continuité du patrimoine bâti. Ce modèle est plutôt associé au développement péri urbain, identique en tous points du territoire français et plaque sur les territoires les plus ruraux une idée de périphérie urbaine. Il produit un effet de mitage dans la campagne où les maisons viennent quasiment concurrencer les petites églises patrimoniales, guère plus grandes. Autour des agglomérations, de longues séquences de routes bâties de maisons « neo-bretonnes » composent des entrées de ville banalisées et s’interposent devant le paysage. En agglomération, les rues des lotissements, bien souvent séquences d’entrée en agglomération, n’ont aucun caractère spécifique. La position des maisons dans les parcelles ne leur permet ni de s’inscrire dans la continuité du patrimoine existant, ni de constituer un espace public appropriable, l’espace étant dilaté et principalement énoncé par les clôtures. Enfin, le mode d’implantation est si coûteux en voirie qu’il ne permet pas d’aménagements qualitatifs.
Le modèle standardisé des maisons ne permet pas non plus de caractériser les territoires. Très ordinaire et formaté par les pavillonneurs, conçu comme un produit mais pas pour un contexte spécifique, il contribue à la banalisation des paysages.

Les questions du développement durable s’ajoutent aujourd’hui à celles de la qualité des paysages. Aussi, il est souhaitable que les développements bâtis à venir obéissent à de nouveaux modèles.
Afin d’économiser l’énergie et de limiter les effets du mitage, il est préférable que les nouvelles extensions urbaines soient groupés à proximité des agglomérations. Les constructions isolées en campagne ou l’étalement urbain le long des routes mettent en danger une bonne appréhension des paysages ruraux et consomment les terres cultivables.

Une conception mutualisée de plusieurs logements permet de mieux aborder les questions d’insertion :

- articulation avec les formes construites existantes et cohérence des espaces publics ;

- lien avec les éléments de nature (reliefs, végétation) par l’implantation, le positionnement, le traitement des limites, les continuités de promenade ;

- utilisation de la trame bocagère comme structure d’intégration ;

- production d’une architecture spécifique, liée au lieu et non standardisée, assumant l’époque de construction, tenant compte des avancées technologiques, notamment sur le plan des performances énergétiques. La qualité de l’architecture, voire son originalité, contribuent en effet fortement à qualifier un territoire.
- l’espace public est singulièrement à soigner, c’est par lui que passe la qualité paysagère des secteurs construits. Une attention spécifique, un professionnalisme des intervenants, une prise en compte de leur gestion future sont des garants de qualité paysagère des aménagements. La gestion des eaux de ruissellement est aujourd’hui abordée différemment et intègre dans l’espace public des éléments paysagers de qualité, comme par exemple les noues.

- la place de la voiture est à soigneusement mesurer, après des décennies durant lesquelles l’espace public lui a été dédié. Les déplacements doux, à pied et à vélo, doivent être favorisés, tant pour l’économie d’énergie que pour la santé des habitants et la jouissance d’un cadre de vie plaisant.

Les espaces publics existants, et en particulier les séquences d’entrées d’agglomération, ont souvent besoin d’un traitement de requalification, permettant de resituer les limites des voies de roulement, de redonner un cadre plus continu, moins distendu et de meilleure qualité à la rue que peut qualifier la végétation des arbres d’alignement.

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La Grée-Saint-Laurent
L’entrée de village est restée préservée du mitage le long de la route. Le cœur de bourg s’inscrit ainsi en contact direct de son environnement cultivé, et forme un paysage.

Les zones d’activités ont autant besoin que les secteurs de logement d’une attention visant une bonne intégration dans le paysage : implantation, traitement des limites, espace public, architecture… sont à aborder aussi professionnellement.

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Vers Mauron
Les bâtiments d’élevage, les haies de conifères et les éoliennes à l’horizon sont autant de signes des mutations importantes du territoire depuis la guerre.

Valoriser les carrières
Certains sites (comme à Plumelin, par exemple) présentent de réelles opportunités de création de paysages spectaculaires après exploitation, avec de vaste fronts de taille, d’éventuels plans d’eau. Ces occasions doivent être saisies, pour offrir aux habitants et aux visiteurs des sites qui concentrent leur intérêt.
D’autres carrières au contraire, comme Mauron, appellent une attitude d’intégration discrète dans le paysage.
Dans les deux cas, les zones de dépôts de remblai doivent être particulièrement traitées dans le réaménagement.

Continuer les efforts d’intégration des éoliennes
L’ensemble concentre l’essentiel des implantations du Morbihan. contrairement à d’autres paysages, les terres du plateau ne présentent pas de reliefs, qui accentuent les visibilités sur les crêtes. Cependant les grandes distances de visibilité font que les implantations sont rapidement en co-visibilité entre elles, et que le plateau voit progresser le phénomène de saturation des horizons. Un schéma, définissant notamment des "perspectives sans éoliennes", permettrait de limiter cet effet, et de maintenir des respirations à l’horizon.|

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Bloc diagramme. Des modalités de développement pour la qualité paysagère

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