Atlas des paysages du Morbihan

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La vallée du Blavet

Une vallée structurante et emblématique

Cette unité appartient à l’ensemble de paysages des Vallées naviguées


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Carte de l’unité de paysage de la vallée du Blavet

 Images

La vallée est identifiée par les guides touristiques comme un espace de nature remarquable du département, facilement accessible grâce au canal pour des promenades en bateau, à pied, ou à vélo.
Le fil de la vallée est également riche de sites culturels (Pontivy, Castennec…) et elle accueille une grande partie des sites de la manifestation « l’Art dans les chapelles », à l’occasion de laquelle elle est parcourue par de nombreux visiteurs.
Au sein des paysages du centre de la Bretagne, moins réputés que ceux de la côte, elle constitue ainsi un site reconnu, représenté, et qui fait l’objet de pratiques touristiques, et peut donc être identifiée comme un des paysages emblématiques du département.

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Ecluse de Saint-Gildas
Les écluses viennent scander le voyage que représente le fil du Blavet. La cascade, même artificielle, vient créer un événement paysager qui renforce la présence sensible de l’élément "eau".

 Limites et voisinages

Au nord, l’unité de paysage est clairement bornée par le lac de Guerlédan. Le lac est lui-même sur le cours du Blavet, mais constitue une unité de paysage spécifique avec le massif de Quénécan.
Au sud, la ville d’Hennebont marque l’autre extrémité de l’unité de paysage de la vallée du Blavet, qui s’inscrit ensuite dans la logique et les paysages de l’estuaire et de la rade de Lorient.

La vallée du Blavet traverse le département du nord au sud, d’abord au contact de plusieurs unités paysagères de plateaux : le massif de Quénécan, le plateau de l’Ével, le plateau de Guémené, puis à travers l’ensemble des reliefs des Landes de Lanvaux dont elle emprunte les sillons et recoupe les crêtes avant de rejoindre la plaine côtière.

A chacune de ces séquences, la vallée présente un faciès et une ambiance relativement différents :
- une inscription discrète, progressive, dans le plateau cultivé de l’Ével, avec des transitions plus souples avec les versants ;
- un site de vallée lisible et plus nettement délimité au contact du plateau de Guémené et des reliefs des Landes de Lanvaux, dont les reliefs sont plus marqués.

 Composantes

Le profil de la vallée du Blavet varie au long de son parcours et des unités de paysages voisines, en fonction des éléments de charpente naturelle rencontrés.
Elle est fédérée par les éléments du relief et de l’eau qui forment une structure paysagère identifiable. L’organisation et la présence sensible des composantes (relief, eau, végétation) déterminent trois séquences paysagères, organisées principalement par les ruptures fortes occasionnées par les sillons de Lanvaux :
- Séquence de Saint-Aignan à Pontivy (une vallée ouverte sur les cultures) ;
- Séquence de Pontivy à Saint-Barthélemy (une vallée dissymétrique entre Guémené et l’Ével) ;
- Séquence de Saint-Barthélemy à Hennebont (le labyrinthe des sillons de Lanvaux).

Saint-Aignan – Pontivy
Entre le lac de Guerlédan et Pontivy, le Blavet traverse le plateau de l’Ével.
La vallée se caractérise par des versants très peu marqués. C’est la séquence durant laquelle la rivière est la moins encaissée dans le plateau.
Malgré de belles ouvertures qui mettent l’eau du Blavet en contact visuel avec les terres agricoles, la végétation de rive tend à isoler la rivière de son environnement proche. La présence de nombreux méandres renferment étangs et gravières, peu valorisés et peu accessibles.
C’est une séquence où les affluents s’étendent loin du fleuve et innervent le plateau. Grâce aux reliefs, pourtant modestes, la présence de la vallée est ainsi nettement ressentie de loin, malgré l’écran végétal permanent des rives.

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Le Blavet canalisé en amont de Pontivy
La transparence de l’alignement d’arbres sur la rive opposée met en relation la lumière du Blavet et celle des pâtures qui le voisinent. L’ouverture qui permet de révéler cette articulation subtile mérite une attention particulière en termes de gestion de la végétation de berge.


Les routes se tiennent à l’écart des boucles du fleuve. Les villages, dispersés, sont en général agglomérés le long des routes. Seuls quelques fermes et bâtiments d’activités sont réellement en situation de berge.

Pontivy
Pontivy est nettement une « ville fluviale », correspondant à un carrefour de communication de la navigation. Le Blavet constitue l’armature principale de la structure urbaine et de l’espace public. A partir du château et de la ville médiévale, les développements se sont faits selon le cours de la vallée, notamment la « ville neuve » voulue par Napoléon 1er, en aval, à laquelle succède une très importante séquence industrielle.

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Pontivy - Napoléonville
Vue sur la "ville neuve" de Napoléon Ier. Le statut même des édifices est valorisé par leur relation franche à l’espace public, ici les berges du Blavet.


Les berges font l’objet en ville d’un soin remarquable, valorisant la présence du Blavet au sein du paysage urbain. En revanche, les berges ne sont pas aussi nettement mises en valeur dans la séquence industrielle, bien qu’elles donnent accès aux belles ambiances naturelles en aval.

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Le Blavet au centre de Pontivy
Un paysage urbain de qualité valorisé par un espace public sur la berge.

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Centre de Pontivy
Une place de la vieille ville à Pontivy offre un espace public d’une grande qualité, foisonnant d’usages, que prolonge les porches et les vitrines des commerces.
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Le château de Pontivy
Le château et le "carrefour des canaux" sont voisins et viennent marquer une centralité de Pontivy en relation avec les cours d’eau.


La ville s’étend également sur les versants, marqués chacun par une structure particulière.


Entre Pontivy et Saint-Barthélemy, une vallée dissymétrique
En aval de Pontivy, les versants du Blavet s’accentuent, les reliefs structurent la perception. La vallée prend une forme caractéristique, une structure paysagère identifiable. Le cours de la rivière lui même est différent, et prend la forme d’un enchaînement de boucles caractéristiques, sinuant entre les reliefs marqués. Castennec et son oppidum naturel symbolisent la vigueur de ces formes du relief.

En rive droite, le plateau de Guémené forme un double rebord, constitué d’une succession de deux terrasses en surplomb. Les versants sont plus pentus et plus hauts (environ 150 mètres contre 100 mètres en rive gauche), et un ourlet boisé marque nettement le rebord de la terrasse la plus haute, en forte pente et inaccessible aux engins agricoles, tandis que la terrasse la plus basse, cultivée, est davantage dégagée.

En fond de vallée, la voie ferrée accompagne les boucles du Blavet, plus ou moins à son contact.

En rive gauche, le versant est moins marqué, et la transition avec le plateau de l’Ével est plus douce.

A l’image de la séquence amont, plusieurs affluents entaillent les plateaux voisins. Cependant, ils s’accompagnent le plus souvent d’une végétation abondante, et permettent peu de continuités visuelles. La végétation tend à isoler les vallons du plateau lui-même, davantage dégagé, et où se positionnent les bâtiments d’élevage.

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Vue depuis le rebord "rive gauche" du Blavet
Au bord de la vallée, une vue est partiellement obturée par le positionnement de pavillons sur leur fond sombre de conifères, et par une stabulation dont la silhouette s’intègre néanmoins au profil du terrain.

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Blavet. Le Divit
Vue depuis la rive gauche, davantage cultivée et donc plus ouverte. La rive droite est plus boisée et prédomine dans les phénomènes de perception par son léger surplomb.


Les ambiances associent les bords du canal marqués par la navigation et la randonnée (Saint-Nicolas-des-Eaux...), et une identité franchement rurale caractérisée par de nombreux hameaux de forme groupée, dispersés de façon homogène sur les rives, et par un grand nombre de bâtiments d’élevage très souvent de couleur blanche, très visibles.

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Le bétail à la pâture
Un "motif" qui anime le paysage agricole et maintient ouvert les rebords de vallée.
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Coupe Blavet - Boderel
Coupe sur le Blavet au sud de Pontivy. A l’ouest, la rivière est franchement mise à l’écart du plateau de Guémené par une végétation dense, alors qu’à l’est, le plateau de Pontivy-Loudéac se trouve plus souvent à son contact direct.
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Vue en coupe des deux terrasses de Pontivy
Au sud de Pontivy, un effet de double terrasse structure le versant ouest du Blavet, et offre potentiellement des positions intéressantes de jouissance de la vallée.
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Vue depuis la RD 158 (Kergonan) vers Quistinic
Les flancs boisés de la vallée sont ceux des grands sillons de Lanvaux dont l’horizon se lit parfaitement sous cette orientation plein sud. Au premier plan, le versant est davantage cultivé et les boisements sont plus épars.
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Le Blavet aux environs du Divit
Une ambiance de nature sauvage se dégage dans le creux des méandres, le Blavet, enfoui sous une végétation très abondante, semble inaccessible.

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Vue sur la vallée du Blavet au Divit
De rares ouvertures cultivées occupent le versant.

De Saint-Barthélemy à Hennebont : le « labyrinthe » des sillons de Lanvaux
Le franchissement des reliefs des Landes de Lanvaux par le Blavet est un paysage caractéristique du Morbihan. La direction des crêtes de Lanvaux est en effet perpendiculaire à l’écoulement naturel vers l’océan. En traversant cet obstacle, le fleuve crée des formes singulières de relief, les cluses, et adopte un cours peu ordinaire en forme de baïonnette. Ces reliefs marquent un seuil dans la perception de l’ambiance du paysage de la vallée tout en occasionnant des paysages originaux.

La cluse de Trémorin
Elle constitue un des sites les plus frappants du département, dont il révèle une part importante du socle naturel. Visible depuis les nombreuses infrastructures qui accompagnent le fleuve, elle laisse apparaître la roche mais son échelle semble toutefois écrasée par les boisements de conifères au sommet des reliefs. Cet écrasement est encore plus sensible depuis les visions lointaines, dont il faut souligner la rareté, malgré l’intérêt paysager potentiel d’un relief aussi singulier.

Après la cluse de Trémorin, le Blavet change brusquement de direction et bifurque vers l’ouest pour emprunter la direction des reliefs de Lanvaux. Ceux-ci forment un cadre resserré et boisé autour du fleuve, les ouvertures sur les coteaux cultivés sont rares, le haut des crêtes est souligné par les boisements sombres des conifères.

Le Blavet reprend sa direction nord-sud à Sébrevet, et quitte les sillons de Lanvaux qui en constituaient le cadre. Il reprend alors une forme de méandres encaissés et boisés jusqu’à Hennebont, après avoir traversé Lochrist, seul réel épisode urbain de la séquence.

De nombreux hameaux sont dispersés aux alentours et ils n’entretiennent que peu de relation avec la rivière, hormis par quelques sentiers mais dont la plupart sont privés. Le Blavet reste accompagné par le chemin de halage et le chemin de fer depuis Pontivy, parfois par une route.

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Coupe du Blavet à l’écluse de Kerrous
La vallée creuse une tranchée nette dans le plateau. Les boisements s’ajoutent à l’effet de cloisonnement des reliefs pour constituer un "lieu en soi", polarisé par l’écluse.
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Coupe de la cluse du Blavet entre Quistinic et Baud
La cluse creuse dans les reliefs de Lanvaux un événement singulier que les arbres ont un peu tendance à étouffer, isoler de son contexte.
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Vue sur le barrage de Trémorin, à Baud
Sur cette séquence qui traverse les reliefs de Lanvaux, le Blavet est un paysage enfoui dans une vallée étroite aux versants fortement boisés. Il montre ici le visage d’un bel espace de nature que l’on peut découvrir par le sentier GR 38 qui emprunte le chemin de halage sur plusieurs kilomètres.
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La cluse du Blavet, vue de la RD 3, au sud de Bourro
Le Blavet franchit les crêtes de Lanvaux et laisse entrevoir l’horizon plus lointain du plateau de Loudéac. La position haute de la route et le premier plan dégagé des cultures favorisent la lecture de l’évènement.

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Vue sur la vallée du Blavet, depuis la RD 23, vers Sébrevet
"Vallébyrinthe", creusé dans les plis... crêtes boisées, fond "bouché". Grande prairie en premier plan.

 Perception, valeurs et sensibilités

La vallée, accessible, signalée, ponctuée de sites naturels et culturels, représente un paysage d’une grande importance, notamment parce qu’il irrigue les territoires de Bretagne intérieure. C’est un lieu de promenades, où l’on attend une qualité de paysage, et qui peut offrir ses ambiances au quotidien aux habitants des villes situées dans la vallée ou à proximité.

La valeur d’une longue promenade est reconnue, celle d’une ambiance à dominante naturelle également, qui constituent autant de valeurs à maintenir. L’originalité des reliefs semble moins nettement identifiée et reconnue, malgré leur forte typicité. D’une façon générale enfin, la végétation boisée tend à refermer sur elles-mêmes les perceptions, qu’il s’agisse de la vallée vis-à-vis de son environnement de plateaux, ou du Blavet lui-même.

Les chapelles (Saint-Gildas, Saint-Nicodème)
Peu de régions possèdent autant de merveilles de l’art religieux : Noyal-Pontivy (Sainte-Noyal), Neuillac (Notre-Dame-de-Carmès), Saint-Thuriau (église paroissiale), etc. La vallée est ponctuée d’éléments bâtis spectaculaires comme par exemple la célèbre Chapelle-Saint-Gildas qui vient donner une dimension spectaculaire à la formation du rocher qui la surplombe.

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Saint-Gildas
La chapelle sous le rocher : une des images les plus connues de la vallée, en raison du caractère pittoresque de la scène.


Chaque année, la manifestation "l’Art dans les chapelles" commande et présente des œuvres d’art contemporain d’artistes confirmés. La visite des œuvres est l’occasion de différents parcours de découverte. Souvent isolées à l’écart des agglomérations, les chapelles sont en effet associées à des sites marquants du paysage, notamment les points hauts ou les berges, et permettent de porter un regard sur le paysage.

 Enjeux et pistes d’actions

Les processus de boisement et d’enfrichement tendent à se poursuivre, les villes à se développer. Parallèlement, la demande touristique ne faiblit pas et la pratique de la randonnée progresse, en même temps qu’une demande d’ambiances « authentiques » et tranquilles, loin des pratiques et des foules de la côte. La vallée permet de répondre à ces attentes.

Valoriser le patrimoine des ambiances naturelles

- Par le maintien d’un caractère "sauvage" du Blavet au contact des séquences rurales en évitant l’étalement urbain en rebord de vallée et en proposant l’intégration paysagère des bâtiments existants ;
- Par la valorisation des carrières et étangs sur le plateau de l’Ével, la gestion de la forte végétation de rives et la possibilité de les relier (constitution de boucles de promenades) au chemin de halage.

Maîtriser la qualité paysagère des parcours

- Par la valorisation des points de vue sur la vallée (depuis les routes, chapelle de Castennec...), des vues lointaines depuis le plateau de Guémené sur le plateau de l’Ével, des vues possible depuis les routes (RN 24) vers la vallée, des vues lointaines de la cluse de Trémorin…
- Par la gestion de la végétation de rive, très occultante, en lien avec les ouvertures possibles sur les plateaux cultivés, à valoriser.

Constituer des parcours paysagers en réseau

- Reconnaître le rôle structurant de la vallée, s’appuyer sur son large réseau d’affluents, son patrimoine végétal et ses qualités paysagères pour développer un réseau de continuités paysagères reliées aux villes et villages ;
- Valoriser les trames de paysages et de cheminements en relation avec les cours d’eau et les éléments paysagers remarquables (bocage).

Travailler la qualité architecturale et des implantations urbaines en cohérence avec leur site

- Maîtriser l’étalement des agglomérations en fonction des dispositions du paysage, et retisser les liens avec le Blavet en tant que site d’implantation des villes et de leurs espaces publics. Exemple : valorisation des berges du Blavet même dans la traversée de la zone d’activités de Pontivy ;
- Eviter l’étalement urbain le long des routes pour préserver les séquences de paysage naturel et cultivé.

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Bloc diagramme schématique de la vallée du Blavet. Pistes d’action
Enoncé de pistes d’action visant à valoriser les paysages de la vallée.

Séquence de Saint-Aignan à Pontivy

- Maîtriser la végétation qui s’interpose entre le chemin de halage et les ouvertures cultivées, ainsi qu’entre le chemin de halage et le Blavet dans l’objectif de valoriser la relation du Blavet au plateau.

Séquence de Pontivy à Saint-Barthélemy

- Poursuivre l’édification d’une trame d’espaces publics en relation avec le Blavet ;
- Valoriser les continuités paysagères et environnementales des vallons secondaires comme itinéraires de parcours en relation avec le réseau de chemins des plateaux voisins ;
- Traiter spécifiquement les abords du Blavet (séquences naturelles, urbaines, industrielles) ;
- Valoriser les vues lointaines depuis le plateau de Guémené et ses terrasses vers la ville, en gérant la forte végétation arborée du rebord de terrasse ;
- Proposer des franchissements en circulations douces de la RD 768 par les vallons affluents du Blavet ;
Ailleurs,
- Valorisation des ouvertures cultivées sur les coteaux ;
- Intégration des bâtiments agricoles sur les versants ;

Séquence de Saint-Barthélemy à Hennebont

- Mettre en valeur des cluses comme évènements paysagers majeurs : identification des principaux points de vue, accompagnement possible d’une communication pour valoriser le paysage, mesures de gestion des boisements, notamment dégagement conseillé du fond de vallée, réduction des boisements sur les crêtes.

Valoriser la structure territoriale de Pontivy

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Analyse paysagère de l’agglomération de Pontivy

- Un site fédéré par la vallée du Blavet
La confluence du Blavet et du ruisseau Douric, aménagée dans le cadre de la réalisation du canal de Nantes à Brest, forme le site d’implantation de Pontivy, encore marqué par la position du château. La vallée du Blavet structure largement le territoire de l’agglomération, qui s’est développée en longueur selon l’axe du fleuve. Au-delà du cours d’eau, la vallée détermine un site plus large, qui s’inscrit lui-même entre deux plateaux aux aspects fort différents : le plateau de Guémené, boisé et vallonné, à l’ouest, et le plateau de l’Ével, à l’est, plus plat et plus dégagé.
L’espace même du Blavet, ses berges, donnent à Pontivy un espace de référence qui caractérise les paysages urbains. La présence de l’eau, la perspective de l’axe dégagé, l’animation des ponts et des berges, les façades orientées sur le fleuve, concourent au visage de la ville et en constituent un des traits majeurs.
Suivant la direction du fleuve, les diverses extensions historiques se succèdent, avec la ville médiévale vers le confluent, puis l’organisation très ordonnancée de la ville napoléonienne et enfin, plus plus au sud, la vaste zone industrielle. De part et d’autre de la ville, la vallée offre de superbes séquences de paysages naturels, des promenades d’un grand intérêt vers le lac de Guerlédan en amont et vers les cluses des landes de Lanvaux en aval.
Si les berges sont aménagées avec soin au centre ville, la zone industrielle constitue un épisode beaucoup moins plaisant, qui brise la continuité de l’intérêt du fleuve vers l’aval, au détriment de l’image de la ville pour les bateliers par exemple. Une articulation plus valorisante permettrait de mieux inscrire ces quartiers au bord du fleuve, et de ménager une continuité de promenade dans un cadre de qualité. On regrette par exemple que la zone industrielle ait « avalé » le village de Saint-Michel, au confluent d’un ruisseau, sans valoriser le site, et ne présente aux berges que des fonds de parcelles sans grâce, heureusement en partie camouflés par une rive boisée. Contrairement au reste de la ville, la zone tourne le dos au fleuve, l’ignore, et ne tire pas parti de sa proximité.

- Des limites naturelles identifiables
Le « cadre » de la ville est déterminé sur les flancs de la vallée où il est possible d’identifier des limites naturelles contribuant à inscrire la ville dans son environnement.
A l’est, le plateau est doucement festonné par les éperons successifs découpés par les affluents du Blavet, le rebord de ces reliefs est une limite à ne pas franchir. Le long de ce rebord, la présence de la RD 768 organise une limite lisible et nette, qui se confond sur une longue séquence avec le vallon du ruisseau de Saint-Niel. En valorisant la perception du vallon et sa position de limite urbaine depuis la route, la lisibilité de la ville serait améliorée. De vastes surfaces sont ainsi disponibles pour un développement urbain entre la ville existante et cette limite déjà constituée, sans qu’il soit nécessaire de prévoir un étalement urbain sur d’autres secteurs du territoire.
A l’ouest, le paysage du rebord du plateau est particulièrement intéressant. Découpé en terrasses successives, dont la plus haute est soulignée par un ourlet boisé, il offre à la ville un horizon naturel d’une superbe qualité, un paysage à préserver dans son ambiance rurale à l’écart de la grande route, et qui profite, du fait du développement linéaire, à tous les quartiers de la ville. Les bords de la ville sont sur cette face à traiter pour qu’ils ne soient pas franchis, et qu’ils organisent la valorisation d’un si beau voisinage. En priorisant le développement à l’est, ce territoire peut préserver sa qualité. Sur les rebords du plateau, les reliefs présentent de belles opportunités de belvédères ouvrant des vues panoramiques sur la ville.
Au nord, la ville a franchi le confluent qui aurait pu constituer une limite très agréablement lisible. Une nouvelle limite est à fixer, et à aménager dans l’articulation avec la campagne, à l’aide des lignes du bocage.
Au sud, deux petits ruisseaux affluents du Blavet peuvent constituer un seuil intéressant : le Kerihuel à l’est, le ruisseau de la pierre fendue à l’ouest. Le site de la ville serait ainsi bien identifiable et inscrit dans une structure naturelle.

- Les vallons, un atout à saisir
En complément du Blavet et des coteaux de la vallée, le site de Pontivy dispose d’un autre atout : un ensemble de petits vallons affluents, nombreux, qui viennent former une armature d’un grand intérêt. En effet, les vallons peuvent à la fois :
- organiser des traits d’union entre le Blavet, centre de l’agglomération, et son environnement agro-naturel, si des promenades permettent de suivre leurs cours ;
- offrir en de nombreux points de la ville une maille serrée de sites naturels.

Un réseau de liaisons douces le long des vallons permet en outre d’offrir des possibilités de se rendre à vélo ou à pied au travail ou en ville pour les habitants situés à proximité de leurs cours, comme par exemple Le Sourn ou Saint-Michel le long du ruisseau du Moulin de Kerdisson.

Ainsi, en associant le Blavet, les vallons et les coteaux, la ville dispose d’une structure paysagère assez remarquable, qui constitue un atout à valoriser à l’heure de la compétition territoriale, et alors que se développe le tourisme le long du Blavet.


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