Atlas des paysages du Morbihan

Accueil > PORTRAIT DES PAYSAGES DU MORBIHAN > Armor morbihannais > La plaine de Sainte-Anne-d’Auray

La plaine de Sainte-Anne-d’Auray

Une arrière-pays bocager marqué par un faisceau d’infrastructures est-ouest

La plaine de Sainte-Anne-d’Auray appartient à l’ensemble de paysages de l’Armor morbihannais


JPEG - 705.8 ko
Carte de l’unité de paysage de la plaine de Sainte-Anne-d’Auray

 Images, limites et voisinages


La basilique de Sainte-Anne-d’Auray est un lieu majeur de pélerinage en France. Cependant, la plaine qui l’environne ne fait pas l’objet de représentations notables et ses paysages restent beaucoup moins connus que ceux de la côte toute proche.
La plaine de Sainte-Anne-d’Auray s’étend sur une quinzaine de kilomètres entre Auray, à l’ouest, et Vannes, à l’est. Au sud, elle s’arrête aux côtes du golfe du Morbihan et, au nord, aux reliefs des Landes de Lanvaux qui en constituent l’horizon.

 Composantes

La charpente naturelle
Le relief de la plaine est quasi-inexistant. Les ruisseaux qui l’irriguent sont très discrets, de faible ampleur et, la plupart du temps, enfouis ou inaccessibles. L’unique rivière marquante est celle du Sal qui devient rivière du Bono en aval de la RN 165.

La plaine est maillée d’un réseau de bocage assez dense qui constitue une composante paysagère structurante intéressante pour les développpements urbains ainsi que pour les effets plastiques de transparence, de plans successifs et de profondeur qu’il propose.
Des boisements, peu nombreux comparés à la plaine voisine de Pluvigner, sont également condensés à proximité du Sal et du Bono, les rendant inaccessibles et peu lisibles.

JPEG - 402.5 ko
Sainte-Anne-d’Auray
Motif de bocage de la plaine : les plans visuels successifs donnent au paysage un relief qui compense le sol plat.
JPEG - 320.1 ko
Sainte-Anne-d’Auray
Motifs d’élevage et horizons en coulisses de bocage.

De véritables ouvertures existent pourtant et permettent parfois de donner un horizon à la plaine et d’apercevoir les reliefs des Landes de Lanvaux.

JPEG - 749.9 ko
Sainte-Anne-d’Auray
Des ouvertures perspectives vers l’horizon des Landes de Lanvaux.

L’occupation agricole est diversifiée : maïs, blé, élevage couvrent de manière à peu près égale l’unité de paysage.

Le bâti et les infrastructures
La rivière du Bono marque le cœur de la plaine, mais aucune structure bâtie ne vient s’y accrocher. Elle est franchie par la RN 165 qui la segmente en deux parties distinctes : le Sal en amont, le Bono en aval.
La RN 165, la RD 19 et la voie ferrée forment un fuseau dense d’infrastructures parallèles orienté est-ouest qui contribue à l’effet de tension entre les pôles urbains d’Auray et de Vannes. Cette structure viaire a influencé considérablement le développement des villages de la plaine. Des continuités bâties lâches se sont formées le long de ces tracés depuis Sainte-Anne-d’Auray vers Pluneret et Mériadec. De manière identique, les villages de Plougoumelen et Ploeren ont subi l’influence de la RN 165 et s’y sont greffés dans des formes peu structurées de zones commerciales et d’activités.

Au delà des effets d’étalement urbain linéaire, les infrastructures occasionnent un effet de coupure forte au centre de la plaine qu’elles scindent en deux paysages distincts :

- une campagne intérieure au pied des reliefs des Landes de Lanvaux.
C’est une campagne ouverte dont les ambiances se rapprochent beaucoup de celles des paysages de l’intérieur. Y sont situées les bourgs de Sainte-Anne-d’Auray et de Plumergat. Plescop apparaît déjà impliqué dans la logique du territoire vannetais.

- un "rétro littoral" sous influence de la côte
Des bourgs situés en arrière littoral comme Ploeren, Baden, subissent directement l’influence de la pression foncière de la côte. Leur structure initiale et leurs limites "naturelles" se noient progressivement dans des continuités pavillonaires.

JPEG - 247.6 ko
Sainte Anne d’Auray
La basilique monumentale : saut d’échelle avec les formes urbaines du centre bourg.

 Enjeux et pistes d’action

Conserver les horizons dégagés de la plaine
Le maintien d’ouvertures cultivées, notamment le long des parcours, garantit la personnalité de la plaine et les conditions de lecture de l’horizon des Landes de Lanvaux.

Valoriser et développer la maille bocagère
Dans l’idée de constitution de parcours en réseau, le bocage est à valoriser pour ses qualités structurantes au regard des développements urbains et pour ses valeurs environnementales et agronomiques (lutte contre le ravinement, constitution de corridors écologiques...)

Mettre un terme aux développements urbains le long des routes
Le phénomène a atteint une intensité qui met en péril l’intégrité du paysage rural. Le développement linéaire a par ailleurs défini, dans les enveloppes urbaines, de vastes espaces qui restent à optimiser, notamment à Sainte-Anne-d’Auray.
Les enveloppes des agglomérations des villes doivent être définies et il est nécessaire de rendre possible la lecture de la structure urbaine de Sainte-Anne-d’Auray, Plescop, Ploeren, Auray…

Organiser le développement des zones d’activités le long de la RN 165
Se référer aux enjeux de l’unité "Rivière d’Auray"

Constituer des parcours paysagers en réseau
Il est nécessaire de s’appuyer sur les éléments de la charpente naturelle, aujourd’hui peu lisibles comme les petites vallées, pour proposer des itinéraires de parcours en relation avec des sites plus importants. Les conditions de franchissements des réseaux routiers qui s’interposent dans ces continuités doivent être mieux organisées.


| Plan du site |